HASTA SIEMPRE

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03 octobre 2009

MISSION IMPOSSIBLE (XI)

L'histoire des Cinq telle qu'on ne vous l'a jamais racontée

Ricardo_Alarcon_De_Quesada
Auteur : Ricardo Alarcón De Quesada

Onzième partie de la série sur les Cinq cubains écrite par Ricardo Alarcón et publiée originalement en Anglais, sur le quotidien digital nord-américain CounterPunch. Cliquez pour voir les articles précédents : I, II, III, IV, V, VI, VII, VIII, IX, X.

Lorsque la Cour Suprême a décidé de ne pas entendre la requête des Cinq, les juges ont agi exactement comme l’avait demandé l’avocat général du Président Obama, démontrant que sur ce sujet, il n'y avait aucun changement, en tout cas aucun changement crédible.

Le 14 juin dernier, la Cour Suprême a tout simplement rejoint les deux autres branches du gouvernement dans la démonstration d’hostilité envers le peuple cubain. Pendant les années 90, l’état d’esprit officiel avait parmi ses caractéristiques principales une complicité avec la campagne terroriste qui a coûté des vies, de la souffrance humaine et des dégâts matériels, que les USA, au lieu d’ empêcher - comme c’était leur obligation - ont toléré et encouragé.

Juste après l’effondrement de l'Union Soviétique, Cuba est entré dans une crise économique extrêmement grave, pire que celle de la grande dépression de 1929 pour nous. C’est précisément cette période que les USA ont choisi, pour accentuer leur blocus économique, reflété par l'Amendement Torricelli (1992) et la Loi Helms-Burton (1996). Le trio - Torricelli, Helms et Burton – en réponse à ceux de leurs collègues qui avaient des objections à ces lois extraterritoriales illégales, assuraient que Gouvernement dirigé par Fidel Castro était dans sa dernière année.

D'autres ont gagné de l'argent facile à cette époque en publiant des textes bon marché, qui annonçaient la fin inévitable de la Révolution cubaine à une date qu’ils indiquaient. C’est devenu un dogme indiscutable pour beaucoup d’universitaires, de politiciens et de journalistes et une source d’encouragement pour ceux qui étaient en quête de vengeance de manière active depuis des décennies.

Certains, insatisfaits de ce qu’ils percevaient comme un manque d’agressivité de la part de Washington, ont tenté d’effectuer un assaut final contre l'île abandonnée et isolée.

Paradoxalement, en septembre 1994 et en mai 1995 Cuba et les USA avaient réussi à négocier de nouveaux accords migratoires par un travail diplomatique serein et privé qui comportait l’engagement d'aller vers la levée du blocus et une promesse de freiner les actions terroristes contre Cuba.

BasultoC’est alors que M. Basulto et ses partisans ont multiplié leurs incursions aériennes. Basulto a été très franc en expliquant ses intentions. La supposée nature « humanitaire » de ses vols antérieurs – c'est-à-dire, aider des Cubains sans papiers à entrer aux USA - avait disparu depuis le 2 mai 1995 avec la nouvelle politique usaméricaine consistant à les renvoyer sur l'île. À partir de ce jour, comme l’a reconnu M. Basulto, les vols ont continué et se sont multipliés avec des objectifs de subversion. Presque chaque jour, les médias annonçaient la prochaine provocation et proclamaient que Cuba était si affaiblie par la crise économique qu'elle ne pouvait pas protéger ses frontières, ni même l’empêcher [ Basulto] de survoler le centre de La Havane, comme il l’avait fait à maintes reprises. Les autorités US étaient au courant de ce que faisait Basulto et son groupe, comme quiconque ayant une télévision pouvait le savoir parce que les provocations étaient filmées et rapportées en direct par les stations locales de Miami des chaînes nationales de télévision.

En 1995 et au début de 1996 nous avons fait tout notre possible pour convaincre Washington d’empêcher ces provocations aériennes totalement illicites. Nous ne faisions là que demander à l'administration usaméricaine qu’elle fasse respecter le droit international et qu’elle applique ses propres lois et règlements internes.

Un flux assez intense de communications officielles avait eu lieu entre les autorités des deux pays à travers lequel la partie usaméricaine avait explicitement reconnu le caractère illégal de ces vols et avait entamé, avec la coopération cubaine, des démarches administratives contre les transgresseurs. Ou du moins c’est ce qu'ils répétaient dans leurs notes diplomatiques.

En plus d’avoir communiqué aux travers de canaux publics, nous avons averti maintes et maintes fois, aux plus hauts niveaux, les autorités tant civiles que militaires des USA.

Fidel Castro c’était impliqué personnellement dans ces efforts. Il a passé beaucoup de temps avec d’importants visiteurs US, et plus qu’un seul, dont certains avaient l’aval évident de la Maison Blanche. Et nous avions réussi à obtenir un engagement très spécifique de la part du Président Clinton que ces provocations ne se reproduiraient plus jamais. (Indictment À la Carte, Counterpunch, September 3, 2009; Annals of Diplomacy, Backfire, The New Yorker, January 26, 1998).

Une chose assez étrange s’est alors déroulée sur la route de Washington à Miami. Apparemment le Président Clinton avait donné des instructions spécifiques pour honorer son engagement. Mais dans cette ville particulière [Miami] (vous vous rappelez le cas Elián ?) on n’obéit pas toujours aux ordres du Commandant en Chef US. Aussitôt que la mafia de Miami a connu les instructions du Président, les provocateurs ont organisé leur dernière violation. C’est cette véritable conspiration, et elle seule, qui a mené aux événements tragiques du 24 février 1996.

De manière étonnante le Président Clinton a réagi comme s’il ne savait rien, et s’est précipité pour signer la Loi Helms-Burton lors d’une cérémonie déplorable à la Maison Blanche, allègrement entouré par plusieurs des véritables criminels, les individus mêmes qui l'avaient défié. C’était une année d'élection présidentielle…Clinton a facilement gagné à Miami.

Cette expérience aurait été plus que suffisante pour n’importe qui pour ne plus croire en la possibilité d'avoir des échanges sérieux et d'obtenir des engagements avec des partenaires aussi frivoles, une sorte de mission impossible.

Mais nous avons encore essayé. Nous n'avions pas le choix.

Traduction EG. Moncada
Révision FG. Tlaxcala

ENGLISH, ESPAÑOL

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Source : CounterPunch- Mission Impossible

Article original publié le 30 septembre 2009
URL de cet article sur HASTA SIEMPRE ! : http://moncada26.canalblog.com/archives/2009/10/03/15298611.html
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