21 mai 2009
LES DÉMOCRATES DU SÉNAT DÉCIDENT DE BLOQUER LES FONDS DESTINÉS À LA FERMETURE DE GUANTANAMO
Ils attendent que le Gouvernement de Barack Obama explique ce qu'il fera avec les détenus étrangers
Washington. (EFE). – Un revers très clair pour le président, Barack Obama. Les démocrates du Sénat US ont décidé de bloquer 80 millions de dollars destinés à la fermeture éventuelle du pénitencier US à Guantanamo (Cuba) tant que la Maison Blanche n’expliquera pas ce qu'elle fera avec les détenus étrangers qui y sont incarcérés.
Obama voulait que ces fonds soient inclus dans un projet de loi pour des frais de défense supplémentaires que le Sénat prévoit de voter cette semaine pour les opérations militaires en Iraq et en Afghanistan.
Aujourd’hui, la version du Sénat supprime le texte qui autorisait les 80 millions de dollars afin de préparer les démarches de la fermeture de Guantanamo.
Dans une expression semblable à la version de la Chambre des Représentants, l'initiative indiquera que le montant sera approuvé 60 jours après que la Maison Blanche présente un plan détaillé.
Les législateurs de la Chambre basse [du Parlement] ont fixé un délai jusqu'au 1er octobre prochain pour que la Maison Blanche présente des détails sur ce qu'elle fera avec les détenus une fois que Guantanamo sera fermée, le coût que cela supposera, ainsi que le coût du transfert des condamnés vers d'autres prisons.
Indépendamment, Obama a créé un groupe de travail qui prévoit de présenter en juillet prochain un rapport sur le cap de sa politique au sujet des détenus et les étapes nécessaires pour l'éventuelle fermeture de Guantanamo.
La décision des démocrates qui contrôlent les deux chambres du Congrès, est un revers pour Obama, qui avait annoncé en arrivant à la présidence, en janvier dernier, qu’il donnait un délai jusqu'à janvier 2010 pour la fermeture de Guantanamo.
"Obama fait du changement une réalité"
" Le président démarre par la fermeture de guantanamo et des mesures éthiques "
Les démocrates assurent que bien qu'ils soutiennent la fermeture de Guantanamo, ils préfèrent attendre de connaître la destination finale des 241 étrangers qui sont toujours détenus dans la base navale US.
Ce centre de détentions à Guantanamo « ne nous rassure guère..toutefois, ce n'est ni le moment ni le projet de loi pour aborder cette affaire », a affirmé à la presse le chef de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid.
Se faisant l'écho de la préoccupation de beaucoup de démocrates sur un possible transfert de prisonniers sur le territoire US, Reid a insisté sur le fait qu'il serait prématuré d'agir avant qu’Obama ne mette son plan sur la table.
Au cours d’une conférence de presse, le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, a dit que l'Administration Obama espère que le Congrès accepte de débloquer l'argent. Il a laissé entrevoir la possibilité qu’Obama traite directement les préoccupations du Législatif dans un discours ce jeudi.
Selon Gibbs, Obama donnera à l'opinion publique « une partie substantielle » de son plan sur le futur des prisonniers.
Bien que la décision de fermer Guantanamo ait été applaudie par la Communauté internationale, la question de que faire avec les détenus est, cependant, un casse-tête pour Obama.
La présence possible de présumés terroristes aux USA - même si c’est dans des prisons de haute sécurité - a donné des cartouches à l'opposition républicaine, qui dirige une campagne pour attaquer la politique de sécurité nationale d'Obama et pour inspirer la peur dans l'opinion publique.
Les républicains de la Chambre basse, par exemple, sont en train de promouvoir un projet de loi pour « éviter l'entrée de terroristes aux USA. » et qui interdit le transfert sur le sol US de tout détenu sans le consentement spécifique du gouverneur et de la législature étatique de l'état choisi pour recevoir ces détenus.
Le leader de la minorité dans la Chambre Basse, John Boehner, a même commenté que les électeurs « ne veulent pas ces terroristes dans leurs quartiers ».
Geoff Morrell, porte-parole du Pentagone a dit dans une conférence de presse qu’« il n'y a rien qui indique que le délai pour fermer Guantanamo en janvier 2010 « courre un danger ».
« De ce que je sais, les plans au sujet de la fermeture du centre de détentions à Guantanamo sont prêts … selon le chronogramme sollicité par le président dans son ordre d’exécution » du 22 janvier dernier, a-t-il ajouté.
Selon Morrell, les fonctionnaires du Pentagone impliqués dans ce processus, parmi eux le sous-secrétaire à la Défense, se réunissent régulièrement avec leurs pairs des départements d'État et de Justice et avec des représentants de la Maison Blanche pour traiter « ces affaires, qui sont très compliquées ».
Traduction : Moncada
Source: Democratas del Senado deciden bloquear fondos para el cierre de guantánamo
Article publié le 20 mai 2009 à 2H59
14 mai 2009
CUBA : 50 ANNÉES D'ÉCONOMIE AU SERVICE DU PEUPLE
Fidélité aux principes contre vents et marées

Auteur : Alberto MONTERO SOLER
1. Des débuts à quasiment la fin (1959-1989)
Pour une compréhension minimale de la situation actuelle de l’économie cubaine, il faut remonter à la période antérieure à la Révolution pour comprendre, au moins partiellement, tant la raison de celle-ci que son cheminement depuis. À cette époque, l’économie cubaine ressemblait dans une grande mesure aux autres économies de la région qui se trouvaient complètement insérées dans la dynamique de domination continentale des USA.
En ce sens, la substitution du régime colonial espagnol par le nord-américain s’était limitée à diversifier la structure productive cubaine en incorporant le tourisme à ce qui étaient les activités traditionnelles dans l’île : l’exportation de matières premières et en particulier la monoculture de la canne à sucre (1).
Evidemment cela n’avait pas débouché sur une amélioration de l’inégale distribution du revenu parmi la population cubaine (2). Une distribution de la rente qui se trouvait renforcée par les structures quasi-féodales de l’exploitation qui dominaient la production de sucre et qui se traduisait, en même temps, par une saisonnalité élevée du chômage qui n’était pas absorbé par des sources alternatives de travail.
Si à ce contexte économique sous-développé et à son expression correspondante en termes de pénibles conditions sociales s’ajoutait l’environnement répressif et corrompu imposé par la dictature de Batista et sa soumission aux intérêts nord-américains, les bases étaient posées pour la capacité d’entreprendre de tout projet transformateur qui , avant tout, récupérerait la souveraineté pour le peuple cubain et, ensuite, se lancerait dans des transformations économiques et sociales qui permettraient d’élever le niveau de vie de la population et un climat de meilleure justice sociale.
Le processus révolutionnaire qui triompha en 1959 canalisait, en ce sens, toutes les attentes accumulées par la population durant des lustres d’exploitation et de soumission et la période qui s’ouvre dès lors sera marquée par la recherche de formules qui permettent de concrétiser ces aspirations dans un contexte marqué par l’hostilité viscérale des USA à l’égard du projet révolutionnaire.
Une hostilité qui se fit présente dès le moment où commencèrent les programmes de nationalisation des secteurs stratégiques de l’économie, où la présence d’entreprises usaméricaines était écrasante, et qui s’accéléra quand, en août 1960, le gouvernement cubain décida la nationalisation de tous les intérêts étrangers dans l’île.
La réponse la plus tranchante, par sa continuité dans le temps et son coût, a été le blocus auquel a été soumise l’économie cubaine depuis 1960 et qui a marqué de manière décisive toute son histoire économique récente.
En fait, le blocus réoriente économiquement et politiquement Cuba vers l’Union Soviétique et le bloc socialiste, l’île cherchant tant une alliance politique stable dans le contexte mondial de guerre froide que l’ouverture de nouveaux marchés pour les produits cubains qui avaient perdu marchés traditionnels depuis l’imposition du blocus.
Les conséquences de cette relation sur l’économie cubaine furent très importantes dans un double sens.
En premier lieu, parce qu’elles conduisirent à la concentration des échanges commerciaux avec ce bloc, favorisée, à son tour par les conditions avantageuses dans les termes de l’échange et par les aides offertes par l’Union Soviétique.
Et, en second lieu, parce qu’elles firent que le modèle économique cubain bascula vers le modèle socialiste dominant dans toute l’orbite soviétique caractérisé par la propriété sociale des moyens de production et la planification centralisée.
L’évaluation du lien de Cuba avec le bloc soviétique, et ses effets sur l’évolution de l’économie cubaine durant les quasi vingt-cinq années suivantes présente des éléments tant positifs que négatifs.
Du côté positif se trouvent, évidemment, les grandes avancées économiques et sociales durant ces années, d’autant plus remarquables si elles se comparent avec le développement économique et social des pays de son environnement géographique le plus proche (3).
Néanmoins, du côté négatif du bilan, et toujours estimé depuis la perspective que fournit aujourd’hui la connaissance des faits qui se produisirent par la suite, il convient de signaler que l’excessive dépendance de Cuba dans ses échanges avec le bloc socialiste détermina la grave crise de l’économie cubaine durant la décennie des années 90, à la suite de l’effondrement de l’Union Soviétique. Mais qu'en plus ce lien conduisit Cuba à se transformer en une pièce additionnelle dans le sein de la division internationale du travail établie dans l’enceinte soviétique. Cela impliqua l’abandon de ses stratégies initiales d’industrialisation et la diversification productive et la réorientation de son programme économique vers la production et l’exportation de biens primaires bien que maintenant sur la base d’une économie de planification centralisée.
En conséquence, l’économie cubaine a continué de présenter les caractéristiques traditionnelles d’un pays en voie de développement, hautement dépendant de ses exportations de produits primaires et très vulnérables, comme on le verra plus tard, aux événements extérieurs (4).
2. Les années 90 : temps de réformes après l’effondrement
Etant donné cet état des choses, la chute du bloc soviétique emporta- il ne pouvait en être autrement - l’économie cubaine. Et nous disons qu’il ne pouvait en être autrement car 85% des relations commerciales et financières de l’île étaient avec ce bloc.
Comme on peut le supposer, l’impact sur l’économie cubaine fut énorme : le produit chuta de 35% en termes réels entre 1989 et 1993 ; la consommation totale diminua de 13% ; la formation de capital passa de 24% à moins de 6% du produit ; les revenus du capital se réduisirent de plus de 10 fois ; et les salaires réels tombèrent de 18% (5).
Le gouvernement cubain a affronté cette détérioration des conditions économiques et sociales avec une unique certitude : celle que la voie vers une solution ne passait pas par la transition vers l’économie de marché, comme cela s’était passé dans les États de l’orbite soviétique. L’option pour le socialisme se maintint inaltérable sans rejeter, avec d’indubitables doses de pragmatisme, l’introduction de mécanismes mercantiles qui permettrait de dynamiser une économie ankylosée et avec d’importants problèmes de productivité.
En ce sens, l’éventail de réformes menées par le gouvernement pour tenter de dépasser la Période Spéciale a été catalogué à la fois comme pragmatique et d’original et intrépide. Et, en même temps, il faut faire ressortir son effort pour préserver à tout prix les grandes réussites sociales de la Révolution (santé, éducation et protection sociale universelles et gratuites).
Les premières mesures n’eurent pas la profondeur que la gravité de la crise nécessitait et furent de caractère conjoncturel et avec une double orientation.
Ainsi, d’entrée, il fallait obtenir les devises dont Cuba avait besoin pour faire face au paiement de ses importations et ainsi se développa le tourisme international et fut permise une modeste ouverture de l’économie à l’investissement étranger direct. Mais on tenta aussi de faire en sorte que la répartition des coûts sociaux de la crise soit la plus équitable possible et, en ce sens, on chercha à préserver l’emploi et à soutenir les niveaux salariaux en vigueur.
Evidemment, une politique d’expansion de la demande dans un contexte de restriction aigüe de l’offre finit par provoquer l’apparition d’importants déséquilibres financiers internes ainsi que l’inflation si redoutée (et sa répercussion connue régressive sur la distribution de la rente et avec cela sur la répartition des coûts de la crise). En conséquence, le peso cubain connut une forte dépréciation, avec la chute consécutive des salaires réels alors que dans le circuit monétaire commençait à circuler le dollar usaméricain qui arrivait au pays par la voie tant des envois de fonds de l’extérieur que du tourisme.
Néanmoins, la progressive dollarisation de fait de l’économie cubaine se heurta à la prohibition légale de détention et de circulation de devises pour la population ce qui, logiquement, donna lieu à l’apparition de marchés informels tant de biens que de devises.
A partir d’alors, et comme le soulignent Virgili et Xalma (2004), l’économie cubaine présenta une structure segmentée de caractère dual : dualisme monétaire (circulation du peso cubain et du dollar usaméricain);dualisme de change (coexistaient le type de change officiel et celui en vigueur sur le marché informel) ; et dualisme structurel (les secteurs traditionnels, gouvernés par les mécanismes d’attribution liés à la planification centralisée, et les émergents, régis par les mécanismes de marché).
Tout cela engendra une importante détérioration des conditions sociales et l’apparition d’inégalités qui finirent par segmenter aussi socialement la population cubaine en fonction de sa capacité d’accès à la devise usaméricaine et qui provoquèrent des niveaux élevés de mécontentement social qui éclatèrent avec la crise des “balseros” de l’été 1994 (6).
Avant cet épisode le gouvernement cubain sut interpréter convenablement ces symptômes évidents de mal-être social et promut une série de réformes de caractère structurel et à forte composante pragmatique. Concrètement, les principales concessions qui se firent en termes économiques furent la dollarisation partielle de l’économie et l’introduction d’espaces et de mécanismes de marchés dans des domaines qui jusqu’alors avaient été régis par la logique de la planification.
Ainsi et de manière synthétique, on peut relever les réformes structurelles suivantes. Dans le domaine externe, et avec un pari décidément libéralisateur du secteur, on procéda à une ouverture plus décidée de l’investissement étranger ; à la transformation du monopole étatique du commerce extérieur et sa réorganisation et flexibilité ; à la stimulation du tourisme ; et surtout à la dépénalisation de la détention de devises (août 1993) suivie de la création et de l’émission en 1995 d’une monnaie pleinement convertible, le peso convertible. En même temps se créa un réseau étatique de boutiques de vente en devises (appelées Boutiques de Récupération de Devises ou TRD) destinées à réorienter stratégiquement les devises qui circulaient dans l’économie vers les secteurs qui fonctionnaient en pesos cubains et qui avaient un moindre accès à la monnaie convertible (dollars ou pesos convertibles).
Sur le plan intérieur, il faut souligner que dans le secteur agricole les grandes extensions de terres qui constituaient les entreprises agro-pastorales d’État furent divisées en petites unités de production coopérative ; des marchés agricoles où les agriculteurs pouvaient vendre leurs excédents de production furent créés ; l’agro-industrie sucrière se restructura ; et finalement on reconnut la possibilité du travail à son propre compte propre pour un ensemble d’activités prédéterminé (7).
Toutes ces réformes s’accompagnèrent de réformes dans le secteur public et les domaines fiscaux (par la voie de l’assainissement des finances nationales) et monétaires (il se créa un réseau de Maisons de Change-Cadeca-pour réaliser des transactions monétaires et bancaires en devises, on autorisa l’ouverture de comptes d’épargne en dollars usaméricains, on sépara les fonctions de la banque centrale et des banques commerciales et on créa de nouvelles institutions financières, parmi elle la Banco Central de Cuba en 1997 (8).
Ces changements supposèrent une modification substantielle de la dynamique économique et sociale du pays parce que, en premier lieu, ils donnaient lieu à la diversification de la propriété économique avec l’ouverture à des formes de propriété rejetées jusque là. En second lieu, ils modifièrent le rôle de l’Etat dans l’économie, augmentant sa fonction régulatrice au détriment de son activité entrepreneuriale. En troisième lieu, ils consolidèrent une économie totalement duale après la libéralisation de la détention et de la circulation de devises, même s’il est certain que, simultanément, s’articulèrent des mécanismes pour connecter les deux secteurs. Et parce que, finalement, ils ouvrirent de nouveaux espaces au marché pour le cas de biens et services déterminés (9).
En ce sens, et comme le défendent Virgili et Xalma (2004), la dollarisation partielle de l’économie a été stratégiquement utilisée pour réactiver l’activité productive.
Mais, en outre, il faut prendre en compte que dans le même temps se trouvèrent insérés quelques éléments qui facilitèrent le processus de dédollarisation. C’est pour cela qu’on peut affirmer sans risque d’erreur que la dollarisation fut toujours conçue à Cuba comme un phénomène transitoire (10).
Un bref bilan des effets de ces réformes doit prendre en compte que les succès qui furent obtenus n’étaient pas exempts d’ombres.
En tous cas, la dollarisation eu des aspects positifs inégalables : elle stimula la remontée de la production, développa une nouvelle source de revenus (les envois de fonds) qui seulement fut dépassée par les revenus provenant du tourisme et facilita la fourniture de biens et de services à la population à bas prix en monnaie nationale, parvenant, avec cela, à maintenir les niveaux de consommation de la population et préservant les conquêtes sociales (11).
Cependant, on doit remarquer qu’elle provoqua une augmentation des prix par une généralisation de ceux en vigueur sur les marchés informels, avec pour conséquence la détérioration pouvoir d’achat des salaires en monnaie nationale.
Egalement, il faut souligner que la dualité monétaire introduisit d’importantes inégalités sociales qui, jusqu’alors, avaient été absentes dans l’économie cubaine.
Et enfin, la confluence des deux facteurs antérieurs produisit un affaiblissement du rôle du salaire en monnaie nationale comme principal facteur de stimulation de la production. En conséquence, la rémunération, et par suite, les possibilités de consommation cessèrent de dépendre de l’emploi et/ou de la formation pour dépendre de la capacité d’accès aux devises dans les secteurs dans lesquels elles circulaient.
En conclusion, la crise provoquée par la chute du bloc soviétique affecta de manière dramatique l’économie cubaine. Cette dernière, pour une simple question de survie, dut changer sa morphologie, jusqu’alors nettement caractérisée par la propriété sociale des moyens de production, la planification centralisée et les hauts niveaux d’égalité sociale, pour adopter une morphologie avec des profils moins définis et dans laquelle le trait dominant à l’entrée dans le nouveau siècle sera la permanence de sa structure duale.
3. Nouveau siècle, nouvelles directions
Avec le nouveau millénaire, le gouvernement cubain avait déjà achevé les principales réformes structurelles destinées au redressement de l’activité économique et l’économie se développa à un rythme soutenu.
La priorité devint alors la réversion de certaines des mesures qui avaient été adoptées de manière non désirée et par la force des circonstances, contrevenant ainsi aux principes les plus élémentaires sur lesquels s’était appuyé le processus révolutionnaire et l'érodant par la voie de ses effets pervers sur l’égalité sociale et économique préexistantes.
Evidemment, la plus perturbatrice de ces mesures avait été la dollarisation de l’économie, entre autres parce qu’elle avait accentué la dépendance de l’économie cubaine par rapport aux revenus en devises (tant par envoi de fonds que par le tourisme), augmentant sa sensibilité à tout type de perturbation économique internationale.
Mais, en outre, le problème était singulièrement grave parce que, devant la difficulté pour se procurer les fournitures nécessaires, le gouvernement avait aussi à opter pour insérer les secteurs de protection sociale dans la logique duale qui dominait l’économie. La conséquence fut l’apparition de contradictions dans le sein de ces secteurs et la détérioration dans l’universalité et la gratuité de la prestation de certains services sociaux (12).
Et à tout cela il faut ajouter, enfin, l’augmentation des différences dans la distribution de la rente et le surgissement d’inégalités sociales qui jusqu’alors avaient été maintenues sous contrôle (13).
Synthétiquement, les problème sociaux que la dollarisation aggrava furent l’appauvrissement de larges secteurs de la force de travail ; le surgissement de revenus et de niveaux de vie non associés au travail ; l’exclusion d’importants secteurs de la population de la consommation de certains produits qui n’ étaient accessibles que sur les marchés où le moyen de paiement était les monnaies convertibles ; la concentration et la polarisation des revenus ; la supériorité des revenus moyens des travailleurs indépendants par rapport aux salariés étatiques; la perte de poids du salaire dans la capacité financière des familles; et, finalement, l’affaiblissement qualitatif et quantitatif des services sociaux (14).
La réaction du gouvernement cubain fut la reconnaissance de l’existence de ces inégalités, et depuis la fin des années 90, l’option pour un changement significatif dans la conception et la gestion des politiques sociales.
On passa ainsi d’un modèle de protection et d’attribution très peu différencié à un modèle beaucoup plus personnalisé, où l’État tente de reprendre une action plus active dans les politiques sociales cherchant à restaurer et moderniser les espaces de génération d’égalité qu’avait connu le processus révolutionnaire et qui, à cette époque, connaissaient franche détérioration. Et, pour cela, une série de nouveaux programmes est lancée dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la sécurité et de l’assistance sociale, l’emploi et le sport (15).
D’autre part, l’autre grande question a laquelle le gouvernement devait se confronter était ce qui avait contribué à engendrer ces expressions d’inégalité dans l’économie et la société cubaine : la dollarisation.
Dans cette matière, on peut affirmer que l’expérience cubaine de dédollarisation fut non seulement réussie mais même surprenante étant donné le caractère irréversible que ce processus acquiert généralement là où il a été appliqué.
En effet, en 2004 le gouvernement décida de se lancer dans de nouvelles réformes qui changèrent l’état de choses qui avait été généré depuis les changements introduits durant la décennie des années 90. Il s’agissait de retrouver une plus grande harmonie entre les dynamiques économiques et sociales dominantes et les principes originaires sur lesquels s’appuyait la Révolution.
A cet effet, en octobre 2004 la Banque Centrale de Cuba annonça la substitution du dollar usaméricain par le peso convertible pour toutes les transactions commerciales internes et également l’établissement d’une taxe de 10% sur toute transaction d’achat de pesos (convertibles ou non) avec des dollars (16). Et postérieurement en mars 2005 on revalorisa le peso cubain par rapport au peso convertible ainsi que le peso convertible par rapport aux devises étrangères.
Cela supposait, de facto, le retrait du dollar de la circulation monétaire interne et la récupération de la souveraineté monétaire pour Cuba (17).
Les mesures monétaires furent accompagnées d’autres mesures économiques qui cherchaient à récupérer les mécanismes centralisés de prise de décisions, à freiner l’expansion de la propriété privée et à améliorer les revenus des secteurs les plus défavorisés de la population. A cet effet on augmenta le montant des pensions, on doubla le salaire minimum et on augmenta le salaire des travailleurs des secteurs de l’éducation et de la santé (18).
Finalement, et comme élément additionnel pour évaluer la fonction économique de Cuba dans ce siècle, on peut considérer que ces processus se produisirent dans le cadre d’une reconfiguration de sa position sur la scène internationale en dépit du blocus usaméricain.
Ce processus, qui coïncide avec la constitution d’une scène internationale marquée par la multipolarité, a facilité la célébration de nouvelles alliances stratégiques de Cuba avec d’autres pays. Des alliances qui sont le produit de la confluence de deux circonstances importantes.
D’un côté, du virage à gauche qui s’est produit dans plusieurs pays d’Amérique latine (Venezuela, Bolivie ou Équateur) dès les débuts du siècle, lesquels ont noué des liens avec Cuba sur la base de valeurs partagées qui tournent autour de la solidarité, de la justice sociale et de l’anti-impérialisme.
Ces liens sont allés au-delà des simples déclarations et se sont exprimés en accords de collaboration concrets rassemblés, dans leur majeure partie, dans le cadre l’Alternative Bolivarienne pour l’Amérique latine et les Caraïbes (ALBA) (19).
Dans le cadre de l’ALBA, le Venezuela et Cuba ont établi une alliance stratégique qui situe le développement des services publics sociaux vénézuéliens, d’un côté, et l’approvisionnement énergétique cubain, d’un autre côté, au centre de leur agenda commercial bilatéral. Cela a permis entre autres choses que, grâce à la coopération cubaine, le Venezuela a pu viabiliser et obtenir des résultats spectaculaires pour certaines de ses politiques sociales d’urgences pour les classes les plus défavorisées : les fameuses Missions (20).
En échange de cette collaboration, le Venezuela offre à Cuba un traitement préférentiel en matière de fourniture énergétique à des conditions financières privilégiées que ce pays a ensuite étendues aux États qui intègrent PetroCaribe.
Et, d’un autre côté, ces nouvelles alliances répondent aussi aux nécessités propres de l’économie cubaine en termes commerciaux (élargissant ses relations avec le Venezuela et la Chine) et d’investissement (Canada) (21).
En définitive, tant les réformes internes que les nouvelles alliances stratégiques externes ont permis le redressement définitif de l’économie cubaine et la conclusion de la période spéciale, comme l’a déclaré le ministre de l’Economie et des Finances cubain fin 2006.
Il a fallu seize ans pour retrouver les niveaux de production de 1989.
En ce sens, et en guise de conclusion nous pouvons affirmer que cet examen de l’évolution de l’économie cubaine permet de faire deux constats.
D’une part, l’indubitable vocation des autorités cubaines à mettre l’économie au service des besoins de base de la population et non l’inverse.
Et d’autre part, la difficulté à élaborer un quelconque pronostic sur son évolution future car, si nous avons quelque chose à apprendre de Cuba, c’est son inégalable capacité à se réinventer en permanence sans perdre pour autant la loyauté à ses principes.
Notes:
(1) La dépendance tant dénoncée de l’économie cubaine par rapport à l’agro-industrie sucrière était telle que, à la fin de la décennie des années 50, elle constituait 25% du PIB cubain, représentait 80% du total des exportations de biens et donnait du travail à une proportion de 20 à 25% de la force de travail.
(2) A ce moment les 30% de la population aux plus bas revenus percevaient seulement 4% des revenus totaux (Zaldiviar Diéguez, 2004, p. 42).
(3) Il suffit de signaler que Cuba constitue entre 1959 et 1989 une des économies les plus équitables du monde. La différence en revenu par tête entre les 20% aux revenus les plus élevés et les 20% aux revenus les plus bas était inférieur à quatre fois quand en termes moyens, cette différence était dans le reste de l’Amérique Latine de 19 fois (Noguera, 2004).
(4) Xalma (2007, p. 30).
(5) CEPAL (1997, p. 61). Selon des estimations de Carranza et Monreal (2000) la crise avait coûté à l’économie cubaine entre 13 et 18 années de croissance économique.
(6) Hoffman (2004).
(7) Noguera (2004).
(8) Un examen détaillé des réformes monétaires et financières peut se trouver dans Garcia Molina (2005).
(9) Carranza (1995).
(10) Cela était le cas de la création du peso convertible, dont l’objectif était de renforcer le rôle de la politique monétaire et de permettre que les autorités monétaires aient un plus grand contrôle de la monnaie en circulation. Marquetti (2007,p.8).
(11) Garcia Molina (2005).
(12) Dans Xalma (2007), chapitre III est analysé concrètement le cas de la santé.
(13) Le coefficient de Gini à la fin des années 90 était de 0,38 alors qu’au milieu des années 80, avant la crise, il était de 0,24 ; symptôme indubitable du processus de concentration des revenus qui se produisit dans cette période.
(14) Espina (2004).
(15) Garcia et Anaya (2007).
(16) Préalablement, en juillet 2003, la Banque Centrale de Cuba avait établi que les transactions commerciales entre les entreprises cubaines qui opéraient en devises devaient se réaliser en pesos cubains convertibles au lieu de dollars.
(17) Une bonne analyse du processus de dédollarisation se trouve dans Marquetti (2007).
(18) Pour l’exposé de ces mesures et leurs effets voir Triana (2006).
(19) Montero (2007).
(20) Un exposé de la contribution cubaine au développement social dans le reste du continent est dans Garcia et Anaya (2007).
(21) Une magnifique synthèse des alliances stratégiques de Cuba avec le reste du monde est dans Xalma (2007, chapitre IV).
Bibliographie:
Carranza Valdès, J. Et Monreal, P. (2000) “Los retos actuales del desarrollo en Cuba”. Problemas del Desarrollo, 122, juillet.
Carranza Valdès, J. (1995) “La economia cubana. Crisis e insercion regional”. Nueva Sociedad, 135, janvier-février.
CEPAL (1997) “La economia cubana. Reformas estructurales et desempeño en los noventa”. Mexico, CEPAL-Fondo de Cultura Economica.
Espina, M. (2004) “Efectos sociales del reajuste economico : igualdad, desigualdad y proceso de complejizacion en la sociedad cubana”. Dans M. Everleny, Reflexiones sobre economia cubana. La Havane, Editorial Ciencias Sociales.
Garcia Alvarez, A. et Anaya Cruz, B. (2007) “Politica social en Cuba, nuevo enfoque y programas recientes”. Cuba Siglo XXI, LXXVI, mai.
Garcia Molina, J.M. (2005). La reforma monetaria en Cuba. Série Estudios y Perspectivas. Mexico: CEPAL.
Hoffman, B. (2004) “Emigration and Regime Stability: Explaining the Persistence of Cuban Socialism. Exposé présenté à la Latin American Studies Association (Lasa) Congrès. Las Vegas.
Marquetti Nodarse, H. (2007) “Cuba : proceso de desdolarizacion de la economia. Impactos y perpectivas”. Cuba Siglo XXI, LXXIII, janvier.
Montero Soler, A. (2007) “ALBA: Avances y tensiones en el proceso de integracion popular bolivariano”, Agora, Revista de Ciencias Sociales, 15, vol. II.
Noguera, A. (2004) “Estructura social e igualdad en la Cuba actual : la reforma de los noventa y los cambios en la estructura de clases cubana”. Revista Europea de Estudios Latinoamericanos y del Caribe, vol. 76, avril.
Triana Cordovi, J. (2006) “La economia cubana en el 2005 : crecimiento, reajuste funcional y consolidacion del cambio estructural”. Cuba Siglo XXI, LXXII, décembre.
Virgili Bonet, T. et Xalma Mellado, C. (2004) Dolarizacion y coste social. El caso de Cuba. Analisis Economico, vol. XIX, 041, pp.315-340. Universidad Autonoma Metropolitana, Mexico.
Xalma Mellado, C. (2007) Cuba : Hacia donde? Transformacion politica, economica y social en los noventa. Escenarios de futuro. Barcelone, Icaria.
Zaldivar Dieguez, A. (2004) Bloqueo. El asedio economico mas prolongado de la historia. La Havane, Editorial Capitan San Luis.
Traduction : Gérard Jugant
Édité par Fausto Giudice
URL de cet article sur Tlaxcala
Source : VIENTOSUR Numéro 102/Mars 2009- Cuba: 50 años de economía al servicio del pueblo
11 mai 2009
Alarcón : " À CUBA UNE DÉMOCRATIE REPRÉSENTATIVE SERAIT UNE RÉGRESSION "
KINGSTON, Canada (AP) – Cuba travaille pour répondre à « l’insatisfaction » vécue chez les citoyens du pays, mais une démocratie représentative comme la désire Washington ne sera pas imposée au peuple cubain parce qu’elle serait « une régression », a déclaré, samedi dernier, Ricardo Alarcón, président de l’assemblée Nationale,.
« Nous avons besoin de poursuivre notre travail dans le sens des principes révolutionnaires afin de faire face à l’insatisfaction qui s’est installée et aux difficultés permanentes qui nous empêchent d’avancer vers de plus grands objectifs » a dit Alarcón au cours de la clôture d’une conférence qui a duré trois jours à l’occasion du 50ème anniversaire de la révolution.
Alarcón a prononcé un discours en anglais devant plus de 500 personnes, en majorité des sympathisants du gouvernement cubain. Ils ont pu entendre des critiques sévères contre la politique que les USA ont appliqué envers Cuba durant la moitié du siècle dernier et qui continue à bloquer de « manière illégale » le développement économique et institutionnel du pays.
« Imposer au peuple cubain un régime de démocratie représentative ne serait pas une avancée en termes démocratiques mais plutôt une régression » a-t-il dit. « Ce serait le priver des droits et du pouvoir qu’il a conquis et lui donner en échange rien de plus que des paroles, la rhétorique d’un dogme que peu de monde y croit encore ».
Il a expliqué que « les efforts pour améliorer nos institutions et notre système démocratique n’a rien à voir avec un retour impensable à la fonction des régimes corrompus du passé ».
Alarcón, figure brillante du gouvernement du président Raúl Castro et fondateur du Parti Communiste Cubain, a dit que les USA avec leur nouveau président, Barack Obama, continuent à réclamer des changements à Cuba, mais Washington ferait mieux de commencer par changer d’attitude face aux réclamations de longue date [et toujours en vigueur NdT] de l’île.
Parmi celles-ci, il a mentionné, la levée des sanctions économiques au travers de l’embargo, la remise du cubain exilé, Luis Posada Carriles afin qu’il soit jugé pour terrorisme au Venezuela et la libération des cinq cubains emprisonnés pour espionnage.
AP Canada,
article publié le 9 juin 2009
Traduction Moncada
26 avril 2009
Vè SOMMET DES AMÉRIQUES : L'EMBARGO CONTRE CUBA EST LE THÈME QUI BLOQUE LA SIGNATURE DU DOCUMENT FINAL
Vème Sommet des Amériques
" LE DOCUMENT FINAL EST SANS IMPORTANCE, LE SOMMET L'A LARGEMENT SURPASSÉ " ainsi s'est exprimé Rafaël Correa quelques instants avant la fin du Sommet des Amériques, dont la déclaration n'a pas été signée par le Venezuela, l'Équateur, la Bolivie, la Dominique, le Honduras ni le Nicaragua.
Malgré cela, les espoirs sur de meilleures relations entre les USA et l’Amérique latine ont fait que le Président Chávez a qualifié le sommet de « tout un succès ». Il s’était de nouveau entretenu avec Obama.
Dans de brèves déclarations après une réunion finale à huis clos des Présidentes, des Présidents et des Chefs d'État, les présidents Rafaël Correa et Hugo Chávez ont confirmé que leurs gouvernements ne signeront pas la Déclaration Finale du Sommet des Amériques.
« Le document final est insignifiant et sans importance, et le sommet a largement dépassé ce document », a brièvement exprimé Correa à la chaîne Telesur.
Le document n'a pas été paraphé par les présidents de l’ALBA (le Venezuela, la Bolivie, la Dominique, le Honduras et le Nicaragua) ni par l’Équateur, pays qui n'est pas membre de cette organisation. La question de l'embargo contre Cuba, absent dans le texte final, est un des thèmes principaux qui bloque le document, comme ils l’ont expliqué quelques jours avant dans la déclaration du Sommet de l'ALBA.
Pour Chávez, le sommet a été « tout un succès, avec un nouveau climat dans tout le continent ». Il y a « un ensemble de compromis, quelques-uns tacites et d'autres explicitement définis ».
Chávez a expliqué que ce dimanche il s’est de nouveau assis pour discuter quelques minutes avec Obama. « Nous avons réaffirmé, tous les deux, une volonté d'entamer ce qui a commencé : de nouvelles étapes dans nos relations. J'ai dit au Président que nous avons résolu la désignation d’un nouvel ambassadeur, et cela viendra prochainement. Nous allons faire les démarches correspondantes et nous espérons que les USA désignent un nouvel ambassadeur à Caracas ».
« Obama a dit qu'il allait respecter sa parole de non-ingérence dans les affaires intérieures d'aucun pays. « Nous avons, tous les deux, des différences de point de vue, mais nous sommes disposés et nous avons la très ferme volonté de travailler ensemble. Il s'est ensuite approché, avec le plus grand naturel, pour prendre congé ».
Il [Chávez] a dit que « de tous les Sommets des Amériques : le premier (au Canada en 2001) avait été un sommet sans chaleur, et organisé dans un bunker », en se référant au dispositif de sécurité mis en place contre les manifestants qui étaient venus protester à cette occasion, « comme l'Empire est venu il s’est imposé, et les autres sont restés muets, excepté le Venezuela » parce que l’Empire tentait de contraindre l’adhésion à l’ALCA. « Puis, ce fut à Mar de Plata (en 2005), nous savons déjà ce qui s’est passé : un sommet qui a fini en mille morceaux, mais nous avions mis en échec l'ALCA ». « Et aujourd’hui, ce sommet s’est ouvert vers une nouvelle étape de relations sur tout le continent », a t-il indiqué.
Il a rappelé que « dans le document qui a été approuvé il n'y a pas eu de l’unanimité. Le premier ministre (Trinité et de Tobago) va le signer, nous avons rendu nos observations publiques et nous sommes un groupe de pays qui ne souscrivons pas à ce document sans en faire un point d'honneur, par contre nous nous accordons au crédit du climat qui s’est créé ici, mais nous avons des observations ».
« Sans être parfait, le sommet s'est approché de la perfection », a t-il indiqué.
Luigino Bracci Roa (Yvke)
Traduction pour Moncada
E.G.
****************
Source : "El documento final es intrascendente, la cumbre lo ha sobrepasado por mucho"
Article publié le 19 avril 2009
EVO MORALES : " QUE CE SOIT LE DERNIER SOMMET DES CHEFS D'ÉTATS SANS CUBA "
Vème Sommet des Amériques
« L'unité de l'Amérique signifie la présence de Cuba. Nous espérons que ce soit le dernier sommet des chefs d’État sans Cuba » a exprimé Evo Morales, président de la Bolivie, dans une conférence de presse du Vème Sommet des Amériques à Trinité et Tobago.
Vendredi [17 avril 09] Evo Morales a également réfuté les paroles de Barack Obama, quand ce dernier avait indiqué que les ingérences étatsuniennes dans les autres pays sont des choses du passé et de l'histoire, en rappelant qu’il y a seulement quelques mois des groupes sécessionnistes boliviens ont tenté un coup d’État à son encontre, et que beaucoup d’entre eux ont continué à élaborer des plans pour l'assassiner.
Morales s’est aussi prononcé contre la criminalisation de l'immigration par les USA, de la même façon que l’ont fait le président nicaraguayen, Daniel Ortega, et son homologue équatorien, Rafaël Correa.
Oublier le passé ?
Il a fait également savoir, qu'il n’est pas d’accord avec le président Barack Obama sur la nécessité « d'oublier le passé et de chercher un nouveau début » dans les relations des USA avec le reste de l'hémisphère.
« Il est impossible d'oublier notre passé. Je suis absolument certain que dans notre passé il y a notre futur. Il faut réviser les erreurs du passé ; je partage que nous ne pouvons pas, non plus, être les otages du passé. Nous faisons l’histoire, et nous continuerons à la faire. Chaque pays et chaque continent sommes différents; le respect de ces différences est aussi important que de réduire ces petites différences et ces asymétries ».
Le Gouvernement US a financé le coup d'état tenté par les sécessionnistes
Le chef d'État bolivien a répondu que même s’il a aimé le ton du discours d'Obama, il n'avait encore vu aucun changement dans les relations de l’hémisphère. En ce sens il a rappelé que des institutions dépendantes du département d'État des USA ont financé la tentative de Coup civique que l'opposition bolivienne a mis en place contre son Gouvernement, élu démocratiquement, et qui en outre a obtenu l'approbation d'une nouvelle constitution et qu’il a été plébiscité par un referendum révocatoire.
En même temps il a dit que les aides de l'agence internationale de l’aide étatsunienne (USAID), dépendante du Département d'État, qui parvenaient à son pays étaient orientées vers l'opposition politique pour exercer une campagne de conspiration bien voyante.
« Les cent premiers jours avec le gouvernement d'Obama sont passés mais en Bolivie on ne sent aucun changement. La déstabilisation continue», a indiqué Morales.
Critiques du capitalisme
Selon Morales, le Vème Sommet des Amériques est aussi une opportunité pour que les nations participantes expriment leurs critiques à la structure du système capitaliste.
Il a souligné que l'actuelle crise n'obéit pas à un problème conjoncturel, mais à des inconsistances dans la structure du capitalisme. « La crise financière n'est pas provoquée par les pays en voie de développement, cette crise financière, qui est en débat chaque jour, vient du capitalisme, par conséquent c'est un problème financier structurel et non conjoncturel », a soutenu Morales.
À son avis, si on ne change pas les politiques économiques, il est impossible de garantir la prospérité humaine. « En Bolivie nous avons commencé à changer le modèle néolibéral de privatisation », a t-il assuré.
Luigino Bracci Roa (Yvke)
Traduction pour Moncada
E.G
***************
Source : Evo Morales: Que esta sea la última cumbre de Jefes de Estado sin Cuba
Article publié le 18 avril 2009
23 avril 2009
INTERVIEW DE GERARDO HERNANDEZ, LEADER DES CINQ CUBAINS PRISONNIERS AUX USA
Infiltré dans Alpha 66
Cette conversation a eu lieu le 1er avril 2009. Le Département de justice a autorisé notre équipe d’enregistrement à parler avec « le prisonnier » en présence d’un gardien de sécurité dans la pièce. Avant sa détention en 1998, Gerardo Hernández dirigeait les opérations des autres agents de sécurité de l’Etat cubain infiltrés dans de dangereux groupes dans la région de Miami. Ils avaient pour objectif d’empêcher les attaques terroristes contre des sites touristiques à Cuba. Nous avons pris avec soin des notes détaillées.
Quelle était votre mission et pour quelles raisons ?
Aux Etats-Unis en général, et spécialement en Floride, de nombreux groupes organisaient et perpétraient des actes terroristes à Cuba. Notre mission était de rassembler des informations sur Alfa 66, Les Commandos F-4, la Fondation nationale cubano-américaine et Hermanos al Rescate. De nombreuses années ont passé et j’espère ne rien avoir oublié, mais je crois que ce sont les principaux groupes dans lesquels nous avons travaillé (nous étions infiltrés).
Quelles informations avez-vous tirées de votre infiltration ?
Ce qui m’a d’abord impressionné, c’est l’impunité dans laquelle ces groupes opéraient, alors qu’ils violaient les propres lois des Etats-Unis : les Lois de neutralité (de 1790) qui stipulent qu’aucune organisation ne peut utiliser le sol étasunien pour commettre des attentats terroristes contre un autre pays. Dans le cas d’Alfa 66, les agents embarquaient sur une vedette rapide et tiraient contre des objectifs le long des côtes cubaines. Quand ils revenaient à Miami, ils organisaient une conférence de presse et déclaraient ouvertement ce qu’ils venaient de faire. Si quelqu’un leur demandait: « Mais, ce que vous faites, ne viole-t-il pas les Lois de neutralité ? ». Ils répondaient : « En réalité non, parce que d’abord nous sommes allés sur un des cayos quelconque des Caraïbes et ensuite nous sommes allés à Cuba. Techniquement, nous ne sommes pas partis des Etats-Unis ». Ils faisaient cela publiquement et aucune agence étasunienne ne leur demandait des comptes.
En quelle année ?
Cela s’est passé ainsi depuis 1959. Personnellement, j’ai commencé à combattre contre cela dans les années 90. Depuis que je suis ici, à la prison de Victorville (Californie), depuis trois ans, il me semble qu’en 2005, un cubain a été arrêté dans ce même comté avec un arsenal, toute sorte d’armes chez lui. La première chose qu’il a dite a été : « Bon, je suis un membre d’Alpha 66 et j’utilise ces armes pour lutter pour la libération de Cuba ». Voilà ce que fut sa défense.
Les Cinq étaient-ils tous volontaires? Comment se prépare-t-on pour infiltrer un groupe ennemi dans un pays ennemi ? Et ensuite, pour agir comme si tu étais ennemi de ton pays et un de leurs amis ?
Oui, nous sommes tous volontaires. Dans mon cas, je ne suis pas militaire de carrière. J’ai étudié la diplomatie. Il m’a fallu 6 ans pour terminer ma carrière dans les Relations politiques et internationales. Ensuite, je suis allé en Angola, en mission internationaliste volontaire. Alors que je me trouvais en Angola, il semble que j’ai attiré l’attention des services de renseignements cubains et à mon retour d’Angola, ils m’ont proposé cette mission. Ils m’ont dit : « Nous savons que vous avez étudié la diplomatie, mais vous connaissez la situation particulière dont souffre notre pays, du fait de l’activité de ces groupes terroristes qui viennent de Floride pour commettre toutes sortes de crimes et nous avons besoin de quelqu’un qui aille là-bas pour accomplir cette mission ».
J’aurais pu leur dire: « Non, j’ai étudié la diplomatie, je veux être diplomate », mais les Cubains, ceux qui ont grandi avec la Révolution, nous savons que pendant ces dernières cinquante années, notre pays s’est trouvé pratiquement confronté à une situation de guerre. À Cuba, celui qui ne connaît pas personnellement une victime du terrorisme, est au courant de l’avion qui explosa en plein vol au dessus de La Barbade et dans lequel sont mortes 73 personnes (octobre 1976). Qui n’est pas au courant de la bombe (en 1997) qui a tué Fabio di Celmo (un tourisme italien en vacance dans l’hôtel Copacabana à la Havane). La bombe avait été placée par un Salvadorien qui a affirmé avoir été engagé par Luis Posada Carriles, pour ne mentionner que ces deux exemples ? Une garderie d’enfants a également été incendiée avec une bonbonne de gaz. Ces événements font partie de la conscience collective cubaine. Si bien que j’ai répondu aux officiers de renseignements : « D’accord, je suis prêt à accomplir la mission ».
Comment avez-vous réussi à infiltrer ces groupes? Comment avez-vous réussi à convaincre des personnes comme José Basulto (leader de Hermanos al Rescate), par exemple ?
Pour les Cubains dans ce pays tout est organisé. Les Cubains aux Etats-Unis ont de grands privilèges, des privilèges qu’aucun autre citoyen n’a dans le monde. Les Cubains peuvent arriver par n’importe qu’elle voie, y compris avec de faux passeports. La seule chose qu’ils doivent dire, c’est : « Je viens chercher la liberté », et immédiatement les Etats-Unis leur donnent tous les papiers dont ils ont besoin. Ainsi, dans le cas de Basulto, par exemple, un des nos collègues qui s’est infiltré dans le groupe Hermanos al Rescate avait préalablement « dérobé B un avion de Cuba. René Gonzalez (un des cinq Cubains) a volé jusqu’ici avec son petit avion et, comme à l’habitude, il a été reçu comme un héros. On s’est très bien occupé de lui et ensuite il a rejoint Hermanos al Rescate. Sa mission était de rassembler des informations sur cette organisation. Si vous me demandez comment, je vous dirais que la méthode pour nous infiltrer, c’est d’utiliser ces mêmes privilèges que reçoivent tous les Cubains quand ils arrivent dans ce pays, y compris ceux qui ont séquestré d’autres personnes avec eux, qui ont détourné des avions, ou qui ont mis un pistolet sur la tempe du pilote. Regardez des personnes comme Leonel Matias : (en 1994, il a détourné un bateau à Cuba et a tué un officier naval au cours de son action), il a assassiné une personne sur un bateau, il est arrivé ici dans ce bateau, avec ce pistolet et on a même découvert le cadavre. Et bien, malgré tout cela, il n’a eu à répondre de rien devant la justice étasunienne. À ces personnes, tout leur est pardonné automatiquement. Alors, en utilisant ce même type d’avantages, nous avons réussi à nous introduire à un certain niveau de ces organisations.
Quand je fais référence à Hermanos al Rescate, certains doivent penser: « c’est une organisation humanitaire qui va secourir les balseros ». Pas du tout, si leurs activités se limitaient à secourir les balseros, ils n’auraient aucun problème avec les autorités cubaines. Ce que les gens ignorent, c’est que José Basulto, leader de cette organisation, a un long passé de terroriste. Il a été entraîné par la CIA et s’est infiltré à Cuba dans les années 60. En 1962, il est arrivé à Cuba dans une vedette rapide de laquelle il a tiré contre la côte cubaine, y compris contre un hôtel. Même Basulto, avec cette histoire connue, n’avait pas de problèmes tant qu’il a limité ses actions à secourir les balseros. En 1995, cependant, les Etats-Unis et Cuba ont signé des accords migratoires, spécifiant que les embarcations interceptées en mer ne seraient pas amenées aux Etats-Unis mais qu’elles seraient rendues à Cuba. À ce moment-là, les gens ont cessé de donner de l’argent à Basulto et à son organisation. Ils disaient : « Pourquoi va-t-on donner de l’argent à l’organisation de Basulto si quand la garde côtière sera informée, les balseros seront renvoyés à Cuba ? » Basulto, voyant son négoce en danger, a inventé cette intrusion (en 1995) de l’espace aérien cubain, de façon à ce que les gens continuent de lui donner de l’argent. Cette preuve a été présentée à notre procès. Si la presse n’a pas voulu porter beaucoup d’intérêt au sujet, eh bien, c’est qu’elle ne veut pas toucher un tel matériel, cela n’est pas de son ressort. Je veux parler des medias corporatifs. Les documents montrent parfaitement comment Basulto et Hermanos al Rescate essayaient des armes artisanales pour les introduire à Cuba. Quand Basulto a témoigné à notre procès (2001), nos avocats lui ont demandé ce qu’il comptait faire avec ces armes. Tout se trouve dans les enregistrements du procès, bien que personne ne veuille y prêter attention. Les gens ont tendance à parler de Hermanos al Rescate comme si c’était une organisation humanitaire ; ils omettent la partie sur le terrorisme, de la même manière qu’ils omettent le fait que le FBI était lui aussi infiltré dans ces organisations. Le FBI avait également quelqu’un dans le groupe qui informait sur les activités de Los Hermanos. Pourquoi le FBI irait-il infiltrer une organisation humanitaire ?
Auteur : Saul Landau
Traduction : Gloria Gonzalez Justo
ESPAÑOL (Rebelión)
Saul Landau est écrivain, journaliste, réalisateur de documentaires et universitaire étasunien qui a centré son travail principalement sur l’Amérique latine. Actuellement, il réalise (avec Jack Willis) un documentaire sur les cinq Cubains. Ses travaux sont disponibles en DVD chez roundworldproductions@gmail.com. Il est membre de l’Institute for Policy Studies et auteur de A BUSH AND BOTOX WORLD (Counterpunch A/K).
***************
Source : An Interview with Gerardo Hernandez, Leader of the Cuban Five
Article publié le 4 avril 2007
21 avril 2009
DANIEL ORTEGA SE DIT HONTEUX DE L'ABSENCE DE CUBA AU SOMMET DES AMÉRIQUES
"Changer de modèle"
Après avoir comparé la conduite interventionniste usaméricaine et l’aide apportée par Cuba à l’éradication de l’analphabétisme en Amérique latine, il a lu des passages de la Déclaration du Sommet de l’ALBA dans laquelle la Bolivie, Cuba, la Dominique, le Honduras et le Venezuela dénoncent le caractère « insuffisant et inacceptable » du projet de Déclaration du Vème Sommet des Amériques.
Daniel Ortega, le président du Nicaragua, a affirmé éprouver honte et gêne au Sommet des Amériques, du fait qu’un pays comme Cuba, qui a collaboré avec ses voisins pour éradiquer l’analphabétisme et la pauvreté, est exclu de ce Sommet, contrairement aux USA, qui sont un pays qui a dirigé la guerre contre le Nicaragua et d’autres pays d’Amérique centrale pendant les années quatre-vingt et quatre-dix, qui a été l’acteur principal de l’invasion à Playa Girón (1) et impliqué dans le coup d’État au Venezuela en 2002.
C’est ainsi qu’il s’est exprimé au cours de son allocution au Sommet des Amériques, qui se déroule ce vendredi soir à Trinité-et-Tobago. C’est le second discours, qui rejoint celui de la précédente oratrice, [la présidente de l’Argentine] - Cristina Fernández de Kirchner – pour réclamer la fin du blocus contre Cuba.
Le Cas USA
Ortega a expliqué qu'il a eu l’occasion de rencontrer trois présidents usaméricains par le passé, Obama étant le quatrième. Il avait demandé à Ronald Reagan qu’il arrête la guerre que les USA avaient impulsé contre son pays durant les années quatre-vingt.
Puis, ce fut le président Jimmy Carter qui dit à Ortega que, la dictature des Somoza étant terminée, « il était l'heure que le Nicaragua change ». Ortega répondit à Carter : « Le Nicaragua n’a pas besoin de changer. Le Nicaragua n'a jamais envahi les USA, il n'a pas miné les ports des USA, il n'a pas lancé une seule pierre contre la nation US et n’a pas imposé de gouvernements sur son territoire. Par conséquent, c’est vous qui devez changer, pas le Nicaragua ! ». Ensuite Ortega avait rencontré George H. Bush père.
Ortega a rappelé que le Nicaragua a présenté, pendant le gouvernement de Reagan, une requête contre les USA devant la Cour Internationale de Justice. La Cour avait rendu une sentence en indiquant que les USA devaient arrêter toutes ses actions militaires, ainsi que le minage des ports et le financement de la guerre. « Ils devaient indiquer les lieux précis où ils avaient placé des mines, mais ils avaient refusé de donner cette information. De plus, elle leur ordonnait d’indemniser le Nicaragua pour les dommages causés par le blocus économique et commercial ».
« Jusqu'à aujourd'hui, cette sentence n'a pas été respectée par les dirigeants nord-américains. Nous avons l'espoir qu'un jour nous pourrons aborder ce sujet avec des dirigeants nord-américains qui soient véritablement respectueux du droit international et des peuples ».
Le Cas Cuba
Après avoir parlé des agressions US contre l’Amérique centrale, Ortega a expliqué que, bien que la guerre contre le Nicaragua soit terminée, la pauvreté, la misère, le chômage et les inégalités persistent dans nos peuples. Cuba, Fidel Castro et Raúl ont inconditionnellement aidé à alphabétiser leurs peuples, et maintenant avec la coopération également du Venezuela et de Hugo Chávez.
Ortega a rappelé que lors de sa première prise de fonction, l'analphabétisme dépassait 60%, mais lorsqu’en 1990 il a quitté le pouvoir, il était descendu à 12%. En le reprenant en 2007, il a trouvé de nouveau un taux d’analphabétisme de 35%, il accusait de cet état de cause, la privatisation de la santé et de l'éducation et les autres aspects de la politique néolibérale appliquées au Nicaragua.
« Cuba a offert à nos peuples sa solidarité sans condition, et c'est pour cela qu’il est sanctionné. Qu’il est puni. Qu’il est exclu. Et c'est pourquoi je me sens mal à l’aise dans ce sommet, je ne peux pas être à l’aise dans ce sommet. Je ressens de la honte dans ce sommet », a dit Ortega. Porto Rico est un autre pays qui n'est pas présent au sommet. « Il est toujours soumis à une politique colonialiste ».
« Je refuse de l'appeler sommet des Amériques », a dit Ortega.
L'ingérence usaméricaine ne peut pas être considérée comme "de l’histoire"
Ortega a aussi rappelé d'autres ingérences usaméricaines, comme celle de la Playa Girón à Cuba, quand les forces usaméricaines se sont impliquées dans une tentative d'invasion de l'île. Ortega a souligné qu’Obama, qui était âgé alors de 3 mois et demi, n'a évidemment pas de responsabilité en ce qui concerne Playa Girón, mais que de toutes manières ces faits ne peuvent pas être considérés comme une simple histoire d’un passé lointain. Il a rappelé que le 11 avril 2002, les USA ont été liés à la tentative de renverser et d'assassiner Hugo Chávez, et que par le biais de leurs porte-paroles ils ont reconnu et ont donné raison aux auteurs du coup d’État. « Nous avons donc raison de dire que ceci n'est pas l’histoire, quand ces faits se sont produits contre l’institution d’un peuple et d'une nation il y a 7 ans à peine ».
Il a expliqué que le sous-développement et la pauvreté que vivent les peuples d'Amérique centrale, sont les causes de l'émigration, « et la seule manière de contenir ce flux d'immigrants vers les USA ne se fait pas en érigeant des murs ni en renforçant la surveillance militaire, ou en développant des surveillances conjointes ou une politique répressives La seule manière de freiner l'émigration vers les USA est d’apporter des fonds sans condition politique ni les conditions imposées par le FMI aux pays d'Amérique centrale ».
Nous voulons des changements, mais il faut discuter desquels
Il a rappelé que « nous voulons tous un changement », en se référant à la phrase qui a rendu célèbre Barack Obama au cours de sa campagne présidentielle. Mais il a souligné que le Nicaragua, avec Haïti, la Bolivie, le Honduras et d’autres pays, font partie des pays les plus pauvres de l'hémisphère, et cela bien « qu’ils aient respecté au pied de la lettre la prescription néolibérale, qu’ils ont appliqué durant 16 ans, de 1990 à 2007 ».
« Nous voulons des changements, mais sur quels types de changements devons-nous nous mettre d'accord ? Des changements pour maintenir le statu quo, ou pour sauver un modèle qui a démontré son succès pour concentrer des richesses, développer la pauvreté et multiplier la misère ? Il s’agit d’un problème d'ordre éthique et moral ».
Il a indiqué que cette année le Nicaragua souffre d'une chute de sa croissance économique d’environ 1,5%, alors que l'an passé sa croissance avait augmenté de 3% et même de 4%. « La région exige aujourd'hui plus que jamais des ressources pour le développement, pour pouvoir récupérer les indices de croissance établis », a t-il indiqué.
Il a également critiqué le G 20. « Ce n'est ni éthique ni moral que le G20 soit celui qui prenne les grandes décisions de nos peuples. Il est l’heure que se soit le G192, c'est-à-dire, tous. Tous pour discuter, débattre, apporter des solutions à la crise. Rien de mieux qu’avec les pays d'Amérique centrale ».
Refus du projet de Déclaration Finale
Il a lu également une partie de la déclaration du Sommet de l’ALBA, dans laquelle la Bolivie, Cuba, la Dominique, le Honduras, le Nicaragua et le Venezuela déclarent que le projet de Déclaration du Vème Sommet des Amériques est « insuffisant et inacceptable » du fait « qu’il ne donne pas de réponse au sujet de la crise économique mondiale » et « qu’il exclut Cuba sans justification, sans mentionner le consensus général existant dans la région qui condamne le blocus et les tentatives d'isolement ».
Le capitalisme est en train de faire disparaître l'humanité et la planète. Ce que nous vivons est une crise économique mondiale systémique et structurelle et non pas une crise cyclique de plus. Le capitalisme a provoqué la crise écologique en soumettant les conditions nécessaires à la vie sur la planète à la prédominance du marché et du profit.
La crise économique mondiale, la crise climatique, alimentaire, énergétique sont le produit de la décadence du capitalisme qui menace de mettre un terme à l'existence même de la vie et de la planète. Pour éviter ce dénouement il est nécessaire de développer un modèle alternatif au système capitaliste. Un système de :
- Solidarité et de complémentarité et non de concurrence.
- Un système en harmonie avec notre Terre Mère et non celui de pillage des ressources naturelles.
- Un système de diversité culturelle et non d'anéantissement de cultures et d’imposition de valeurs culturelles et de styles de vie étrangers aux réalités de nos pays.
- Un système de paix basé sur la justice sociale et non sur des politiques et des guerres impérialistes.
- Pour simplifier, un système qui rétablisse la condition humaine de nos sociétés et de nos peuples et qui ne les réduise pas à de simples consommateurs ou marchandises.
Nous voulons un monde où tous les pays, grands et petits, aient les mêmes droits et où il n'existe pas d'empire. Nous plaidons pour la non-intervention. Nous devons renforcer, comme unique voie légitime pour la discussion et l'analyse des agendas bilatéraux et multilatéraux du Continent, la base du respect mutuel entre les États et les gouvernements, sous le principe de la non-ingérence d'un État sur un autre, de l'inviolabilité de la souveraineté et de l'autodétermination des peuples.
Au sujet du blocus des USA contre Cuba et l'exclusion de ce pays du Sommet des Amériques, les pays de l’Alternative Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique réitérons la Déclaration adoptée le 16 décembre 2008 dernier, par tous les pays d'Amérique latine et des Caraïbes insistant sur la nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par le gouvernement des USA contre Cuba, y compris l'application de la loi Helms-Burton.
Nous sommes fermement convaincus que le changement, que tout le monde espère, ne peut venir que de l'organisation, de la mobilisation et de l'unité de nos peuples ».
Et il a conclu en indiquant : « Le modèle actuel de développement n'est plus possible ni durable. Continuer sur le modèle actuel de développement c’est continuer à creuser la tombe dans laquelle nous irons tous. La seule façon de nous sauver tous est de changer le modèle, pour des raisons d’éthique, de morale et de valeurs ».
(1) Playa Girón : Petite plage située dans la baie des Cochons (Bahía de Cochinos) sur la côte méridionale de l’île de Cuba, dans une zone marécageuse de la province de Matanzas, à l’ouest de la ville de Cienfuegos.
L’endroit est devenu célèbre à la suite d'une péripétie des relations internationales, connue sous le nom de débarquement de la Baie des Cochons le 15 avril 1961, pendant laquelle les opposants à la révolution cubaine débarquèrent avec l’aide et le matériel de la CIA pour reprendre l’île de Cuba aux castristes.
Le terme en réalité ne se réfère pas à des cochons, mais à une sorte de poisson également appelé cochino en espagnol cubain. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Baie_des_Cochons
Auteur :
Luigino BRACCI ROA
Pour Moncada
Tlaxcala
***************
Source : Ortega avergonzado por la ausencia de Cuba en Cumbre de las Américas
Article original publié le 17/4/2009
LA PRÉSIDENTE ARGENTINE DEMANDE DES FONDS POUR LA "BID" ET LA LEVÉE DU BLOCUS SUR CUBA
Vème Sommet des Amériques

Auteure: Patricia RIVAS (Yvke)
La présidente argentine, Cristina Fernández, a ouvert la session inaugurale du Vème Sommet des Amériques avec un discours dans lequel elle a exigé la levée du blocus sur Cuba ainsi que, la dotation « de fonds à des organismes multilatéraux de crédit comme la Banque Interaméricaine de Développement » (BID), dont le principal donateur sont les USA qui orientent sa politique.
La présidente de l'Argentine, Cristina Fernández, a ouvert la session inaugurale du Vème Sommet des Amériques, qui réunit tous les présidents du continent à l'exception de Cuba, avec un discours très mesuré. Elle a conjugué les rappels à la mémoire historique et la nécessité de rendre compte des transformations du monde avec des mots pour « disculper » le président des USA, auquel elle a signifié que son désir n'est ni l’affrontement ni de sortir l’artillerie verbale.
Dans son discours, Cristina Fernández s’est référée au peu d'utilité pour l'Argentine qu’a eu le Traité d'Assistance Réciproque signé par les pays membres de l’OEA, lorsqu’en 1982 le pays a été attaqué par le Royaume-Uni. Au cours de cette guerre îles Malouines, les pays du continent n’ont apporté aucune sorte d'appui à l'Argentine.
Fernández a clarifié que cela n'a pas été la faute de l'actuel président des USA, de même que le consensus de Washington ne l'a pas été non plus, mais que son intention est d'aider à comprendre « ce qui nous est arrivé » et d’aider à la construction d'un monde différent.
Parmi les propositions concrètes mentionnées par la présidente argentine, elle a cité la dotation de fonds à nos organismes multilatéraux de crédits, comme la Banque Interaméricaine de Développement (BID), une institution dont le principal fournisseur sont les USA qui ont un poids décisif dans l'orientation de ses politiques de crédit et du type de projets qui sont financés.
L'autre mesure que Fernández n'a pas voulu oublier dans son discours a été la levée du blocus contre Cuba, en harmonie avec la position connue et exprimée par la majorité écrasante des pays qui participent au Sommet des Amériques. La présidente argentine a qualifié le blocus d'« anachronisme », qui répondait à la logique de la guerre froide et du monde bipolaire.
« Président Obama, nous reconnaissons, ce que vous avez fait en annulant les restrictions absurdes imposées par l'Administration Bush durant l'année 2004, mais nous croyons, y compris en entendant la République sœur de Cuba manifester son ouverture totale pour parler avec les USA sur toutes les questions, comme les droits de l’homme, les prisonniers politiques, etc…, nous croyons sincèrement que nous sommes dans les Amériques face à une seconde occasion de construire une nouvelle relation. Ne la laissons pas échapper », a-t-elle averti.
Fernández a beaucoup insisté dans son appel à ses homologues à chercher des points de rencontre, « sans cri, sans artillerie verbale qui souvent ne servent qu’à radicaliser les positions et ne permettent pas d’obtenir de solutions ».
Elle a conclu en affirmant son « espoir que ce soit ici le point de départ pour construire ce nouvel ordre régional. J'ai l'espoir que nous allons saisir cette seconde occasion pour récupérer les décennies perdues afin de construire une nouvelle relation entre les Amériques. Cela va dépendre de nous tous. De notre intelligence, de notre valeur, de notre courage et de notre mémoire, pour ne pas refaire les mêmes erreurs. Que Dieu le veuille ainsi».
Pour Moncada
Tlaxcala
***************
Source : Presidenta argentina pide fondos para el BID y levantamiento del bloqueo a Cuba
Article original publié le 17/4/2009
LES PAYS DE L'ALBA REJETTENT LA RÉSOLUTION FINALE DU Vème SOMMET DES AMÉRIQUES
« L'unité de nos peuples n'est pas une simple chimère des hommes, mais le décret inexorable du destin »

Auteure : Patricia RIVAS (Yvke)
Les pays participant au Sommet de l’Alternative Bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique (ALBA) ont décidé d’un commun accord de rejeter la résolution finale qui sera présentée au Vème Sommet des Amériques, qui se déroule depuis ce vendredi 17 avril à Trinité-et-Tobago.
La déclaration, intitulée Document des Pays de l’ALBA pour le Vème Sommet des Amériques, contient 15 points, qui soulignent que la résolution ne donne pas de réponses au sujet de la crise économique mondiale, de l'exclusion et du blocus contre Cuba, de la crise de l’énergie et de la nécessité de mettre un terme aux pratiques impérialistes qui maintiennent les peuples sous domination.
« Il n'y a pas de consensus pour adopter le projet de déclaration (finale du Vème Sommet des Amériques), et en fonction de ce qui est exposé nous proposons de mener un débat de fond » sur les thèmes qui sont dans le Document des Pays de l'ALBA.
Le capitalisme, mécanisme qui « est en train d’en finir avec l'humanité et la planète », est un de ces sujets dont il est nécessaire de débattre, puisque « ce que nous vivons est une crise économique mondiale systémique et structurelle et non pas une crise cyclique de plus », comme l’exprime le document qui a été lu par le président de la République Bolivarienne du Venezuela, Hugo Chavez Frías.
La situation de la consommation énergétique et les impacts qu’elle a sur la planète ont été également inclus dans le texte, dû au fait que « le capitalisme a provoqué la crise écologique (...) chaque année on consomme un tiers de plus que ce que la planète est capable de régénérer ».
De plus, la nécessité de mettre en œuvre des mécanismes alternatifs au capitalisme, à travers la complémentarité et la solidarité et non pas la concurrence ; un système qui soit en harmonie avec la planète et non pas avec le pillage des ressources naturelles, le respect de la diversité culturelle, sans imposition de cultures et de styles de vie étrangers aux réalités des pays, basé sur la paix et la justice sociale et non pas sur les guerres impérialistes.
Les pays de l’ALBA exposeront également à la séance plénière du Sommet des Amériques qu'ils défendront le droit de créer des institutions propres avec leurs racines dans l'histoire commune, un outil d'approfondissement des processus de transformation sociale, économique et culturelle qui renforcera leur souveraineté.
De même, l’ALBA condamne la discrimination des immigrants de la région, « par conséquent nous demandons une réforme urgente des politiques migratoires des USA et l'élimination du mur entre les USA et le Mexique ».
Et pour finir, les Chefs d'État et de gouvernement de la Bolivie, du Honduras, du Nicaragua, de la Dominique, du Paraguay, de San Vincent et des Grenadines et du Venezuela plaideront pour « un monde où tous les êtres humains auront les mêmes droits et où il n'existera pas d’empire », c’est pourquoi ils réclameront au nouveau gouvernement des USA, présidé par Barack Obama, qu’il mette fin aux politiques interventionnistes dans la région
Voici le texte complet:
Document des pays de l’Alternative Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA) pour le Vème Sommet des Amériques
Cumaná, 17 avril 2009,
Nous, chefs d'État et de gouvernement de la Bolivie, Cuba, Dominique, Honduras, Nicaragua et Venezuela, pays membres de l’ALBA, considérons que le projet de Déclaration du Vème Sommet des Amériques est insuffisant et inacceptable pour les raisons suivantes :
- Il ne donne pas de réponse au sujet de la crise économique mondiale, bien que celle-ci constitue le plus grand défi auquel l'humanité ait à faire face depuis des décennies et la menace la plus sérieuse de notre époque au bien-être de nos peuples.
- Il exclut sans justification Cuba, sans mentionner le consensus général existant dans la région qui condamne le blocus et les tentatives criminelles d'isolement dont son peuple et son gouvernement sont sans cesse l'objet.
Pour ce motif, nous, pays membres de l’ALBA, considérons qu'il n'y a pas de consensus pour adopter ce projet de déclaration et en fonction de ce qui est exposé, nous proposons de soutenir un débat de fond sur les sujets suivants :
1) le capitalisme est en train de tuer l'humanité et la planète. Ce que nous vivons est une crise économique mondiale systémique et structurelle et non pas une crise cyclique de plus. Ceux qui pensent qu'avec une injection d'argent du Trésor et qu’avec quelques mesures régulatrices on résoudra cette crise, se trompent lourdement.
Le système financier est en crise parce qu’il cote des titres papier six fois la valeur réelle des biens et des services qui sont produits dans le monde. Ceci n'est pas une « défaillance de régulation du système » mais c’est une partie intégrante du système capitaliste qui spécule avec tous les biens et les valeurs à la recherche du profit maximum. Jusqu'à présent, la crise économique a provoqué 100 millions de plus d’affamés et plus de 50 millions de nouveaux chômeurs et ces chiffres vont en augmentant.
2) le capitalisme a provoqué la crise écologique en ayant soumis les conditions nécessaires à la vie sur la planète à la prédominance du marché et du profit. Chaque année on consomme un tiers de plus de ce que la planète est capable de régénérer. À ce rythme de gaspillage du système capitaliste, en 2030, nous aurons besoin de deux planètes Terre.
3) La crise économique mondiale, la crise climatique, alimentaire, énergétique sont le produit de la décadence du capitalisme qui menace de mettre un terme à l'existence même de la vie et de la planète. Pour éviter ce dénouement il est nécessaire de développer un modèle alternatif au système capitaliste. Un système de :
- Solidarité et de complémentarité et non de concurrence.
- Un système en harmonie avec notre Terre Mère et non celui de pillage des ressources naturelles.
- Un système de diversité culturelle et non d'anéantissement de cultures et d’imposition de valeurs culturelles et de styles de vie étrangers aux réalités de nos pays.
- Un système de paix basé sur la justice sociale et non sur des politiques et des guerres impérialistes.
- Pour simplifier, un système qui rétablisse la condition humaine de nos sociétés et de nos peuples et qui ne les réduise pas à de simples consommateurs ou marchandises.
4) Comme expression concrète de la nouvelle réalité du continent, nous, pays latino-américains et caribéens, avons commencé à construire des institutions propres, qui plongent leurs racines dans l'histoire commune et remonte à notre Révolution indépendantiste, elle constitue un outil concret d'approfondissement des processus de transformation sociale, économique et culturelle qui devront renforcer notre entière souveraineté. L'ALBA-TCP, Petrocaribe ou l'UNASUR, pour ne citer que les plus récents, sont des mécanismes d'union solidaire crées au coeur de ces transformations, avec l'intention manifeste de promouvoir l'effort de nos peuples pour atteindre leur propre libération.
Pour faire face aux graves effets de la crise économique mondiale, nous, pays de l'ALBA-TCP, avons pris des mesures novatrices et transformatrices, qui cherchent de réelles alternatives à l'ordre économique international déficient et non à renforcer leurs institutions qui ont échoué. C’est ainsi que nous avons mis en marche un Système Unique de Compensation Régionale, le SUCRE, qui inclut une Unité de Compte Commune, une Chambre de Compensation de Paiements et un Système Unique de Réserves.
Nous avons également encouragé à la constitution d'entreprises grannacionales (1) pour satisfaire les besoins fondamentaux de nos peuples, en établissant des mécanismes de commerce juste et complémentaire, qui laissent de côté la logique absurde de la concurrence effrénée.
5) Nous interrogeons le G20 sur la décision de tripler les ressources du Fonds Monétaire International, alors que le besoin réel est d'établir un nouvel ordre économique mondial qui inclut la transformation totale du FMI, de la Banque Mondiale et de l'OMC, qui avec leurs conditionnements néolibéraux ont contribué à cette crise économique mondiale.
6) Les solutions à la crise économique mondiale et la définition d'une nouvelle architecture financière internationale doivent être adoptées lors de la réunion du 1er au 3 juin avec la participation des 192 pays à la Conférence sur la crise financière internationale des Nations Unies, pour proposer la création d'un nouvel ordre économique international.
7) Quant à la crise du changement climatique, les pays développés ont une dette écologique à l’égard du monde puisqu'ils sont responsables des 70 % historiques d’émissions de carbone accumulées dans l'atmosphère depuis 1750.
Les pays développés, débiteurs envers l'humanité et la planète, doivent apporter des financements significatifs à un fonds pour que les pays en voie de développement puissent entreprendre un modèle de croissance qui ne répète pas les graves dommages de l'industrialisation capitaliste.
8) Les solutions aux crises énergétique, alimentaire et climatique doivent être intégrales et interdépendantes. Nous ne pouvons pas résoudre un problème en créant d'autres problèmes dans des secteurs fondamentaux pour la vie. Par exemple, généraliser l'utilisation des agro-carburants ne peut qu’influencer négativement les prix de l’alimentation et l'utilisation de ressources essentielles comme l'eau, la terre et les forêts.
9) Nous condamnons la discrimination des migrants sous toutes ses formes. La migration est un droit humain, non un délit. Par conséquent, nous demandons une réforme urgente de la politique migratoire du gouvernement US, dans le but de freiner les déportations et les rafles massives, permettre la réunification des familles, nous réclamons également la destruction du mur qui nous sépare et nous divise, au lieu de nous unir.
En ce sens, nous réclamons l'abrogation de la Ley de Ajuste Cubano (2) et l'élimination de la politique de Pies Secos Pies Mojados (3), à caractère discriminatoire et sélectif, responsable de pertes en vies humaines.
Les véritables coupables de la crise financière sont plutôt les banquiers qui ont volé l'argent et les ressources de nos pays et non les travailleurs migrants. D'abord il y a les droits de l’homme, et en particulier les droits de l’homme du secteur le moins protégé et en marge de notre société que sont les migrants sans papiers. Pour qu'il y ait intégration il doit avoir la libre circulation des personnes, et les droits de l’homme égaux pour tous quel que soit leur statut migratoire. La fuite de cerveaux constitue une forme qualifiée de pillage des ressources humaines exercée par les pays riches.
10) Les services de base, l’éducation, la santé, l’eau, l’énergie et les télécommunications doivent être déclarés comme étant des droits de l’homme et ils ne peuvent pas être l'objet d’un commerce privé ni être marchandisés par l'Organisation Mondiale du Commerce. Ces services sont et doivent être essentiellement des services publics et d'accès universel.
11) Nous voulons un monde où tous les pays, grands et petits, aient les mêmes droits et où il n'existe pas d'empire. Nous plaidons pour la non-intervention. Nous devons renforcer, comme unique voie légitime pour la discussion et l'analyse des agendas bilatéraux et multilatéraux du continent, la base du respect mutuel entre les États et les gouvernements, sous le principe de la non-ingérence d'un État dans un autre et l'inviolabilité de la souveraineté et de l'autodétermination des peuples.
Nous demandons au nouveau gouvernement US, dont l'arrivée a soulevé quelques attentes dans la région et dans le monde, qu’il en finisse avec la longue et néfaste tradition d’interventionnisme et d’agression qui a caractérisé l’action des gouvernements de ce pays tout au long de l'histoire, tradition spécialement en recrudescence durant le gouvernement de George W. Bush.
Et de la même manière, qu’il élimine les pratiques interventionnistes comme les opérations cachées, les diplomaties parallèles, les guerres médiatiques pour déstabiliser des États et des gouvernements, et le financement de groupes déstabilisateurs. Il est fondamental de construire un monde où l’on reconnaisse et l’on respecte la diversité des points de vue économiques, politiques, sociaux et culturels.
12) En ce qui concerne le blocus des USA contre Cuba et l'exclusion de ce pays du Sommet des Amériques, nous, pays de l’Alternative Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique, réitérons la Déclaration adoptée par tous les pays d'Amérique latine et des Caraïbes le 16 décembre 2008, sur la nécessité de mettre fin au blocus économique, financier commercial du gouvernement US contre Cuba, y compris l'application de la loi Helms-Burton, qui déclare notamment :
- « CONSIDÉRANT les résolutions approuvées par l'Assemblée Générale des Nations Unies sur la nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les USA contre Cuba, et les déclarations et positions sur la fin du blocus qui ont été approuvées dans de nombreuses réunions internationales.
- « Nous AFFIRMONS qu’en défense du libre échange et de la pratique transparente du commerce international, l'application de mesures coercitives unilatérales s'avère inacceptable car elles affectent le bien-être des peuples et empêchent les processus d'intégration.
- « Nous REJETONS de la manière la plus énergique l'application de lois et de mesures contraires au droit international comme la Loi Helms-Burton et nous exhortons le Gouvernement US à mette fin à son application.
- « Nous DEMANDONS au gouvernement US de respecter ce qui est stipulé dans les 17 résolutions successives approuvées dans l'Assemblée Générale des Nations Unies et qu’il mette fin au blocus économique commercial et financier qu'il maintient contre Cuba. »
De plus, nous considérons que les tentatives d'imposer l'isolement de Cuba ont échoué, qu’aujourd'hui il est partie intégrante de la région d'Amérique latine et des Caraïbes, membre du Grupo de Río et d'autres organisations et mécanismes régionaux, qu’il développe une politique de coopération et de solidarité avec les pays de la région, qu’il promeut la pleine intégration des peuples latino-américains et caribéens et, par conséquent, qu’il n’y a aucune raison justifiant son exclusion du mécanisme des Sommets des Amériques.
13) Les pays développés ont dégagé pas moins de 8000 milliards de dollars pour sauver la structure financière qui s’est effondrée. Ce sont les mêmes qui ne veulent pas débloquer de petites sommes pour atteindre les Objectifs du Millénaire ou 0,7% du PIB pour l'Aide Officielle au Développement. Jamais auparavant l’hypocrisie du discours des pays riches n'avait été mise autant à nu. La coopération doit s’établir sans condition et s'adapter aux agendas des pays bénéficiaires en simplifiant les démarches, en rendant accessibles les ressources et en privilégiant les thèmes de l’inclusion sociale.
14) La lutte légitime contre le narcotrafic, le crime organisé, et toute autre manifestation des « nouvelles menaces » ne doivent pas servir d’alibis pour lancer des actions d’ingérence et d’intervention contre nos pays.
15) Nous sommes fermement convaincus que le changement, que tout le monde espère, ne peut venir que de l'organisation, de la mobilisation et de l'unité de nos peuples.
Comme l’avait si bien affirmé le Libérateur :
« L'unité de nos peuples n'est pas une simple chimère des hommes, mais le décret inexorable du destin ». Simón Bolívar
Notes:
1) Grannacional : Le concept "grannacional" est inscrit dans le statut conceptuel de l’ALBA. C’est un concept essentiellement politique, mais il englobe tous les aspects de la vie de nos pays. Il a plusieurs fondements:
- Un fondement historique et géopolitique, la vision bolivarienne de l’union bolivarienne des républiques latino-américaines et caribéennes pour la construction d’une grande nation. C’est la géopolitique du génie bolivarien, en actualité absolue dans un monde dominé par la globalisation néolibérale, qui dans les dernières décennies a adopté la forme de blocs économiques régionaux et sous-régionaux.
- Le concept "grannacional" peut s’assimiler à celui d’un méga-État, dans le sens de la définition avec de grandes lignes d’action politique commune entre États qui partagent la même vision de l’exercice de la souveraineté nationale et régionale, en développant et déployant chacun sa propre identité sociale et politique. Sans que cela implique dans le moment actuel la construction de structures supranationales.
En conséquence, le "grannacional" est le processus qui est expérimenté aujourd’hui sous les principes de l’ALBA, dans la perspective de parvenir à l’union politique de ses républiques pour construire la Gran Nación [Grande Nation] que leurs personnages illustres ont rêvé, et vers laquelle les poussent la dynamique du monde actuel dominé par les grandes puissances industrialisées et les blocs économiques hégémoniques.
2) ley de Ajusto Cubano : loi d’ajustement cubain ; En 1966, le Congrès US a adopté la loi d’Ajustement cubain qui octroie à n’importe quel citoyen cubain qui émigre légalement ou illégalement le statut de résident permanent. Cette législation a pour objectif d’inciter à l’émigration illégale afin d’utiliser celle-ci comme arme politique contre le gouvernement cubain. A cette loi, il convient d’ajouter la guerre économique brutale que les USA appliquent contre Cuba depuis 1960, qui affecte énormément la population et qui constitue un facteur d’incitation à l’émigration.
Source : Michel Collon
3) Pies secos pies mojados : « pieds secs, pieds mouillés » : Loi approuvée par Bill Clinton le 11 janvier 2006, cette loi garantit automatiquement le permis de résidence aux émigrés cubains qui parviennent à poser le pied sur le sol américain ; quant à ceux qui sont interceptés en mer par les garde-côtes américains, ils sont renvoyés à Cuba. Source : rfi
Pour Moncada
Tlaxcala
***************
Source : Países del ALBA rechazan la resolución final de la V Cumbre de las Américas
Article original publié le 17/4/2009
10 avril 2009
POSADA CARRILES INCULPÉ

Posada inculpé aussi pour son implication dans les attentats de La Havane
Dans un changement de stratégie inattendu, les procureurs de Washington chargés de l’affaire Posada Carriles ont alourdi les charges présentées à El Paso, au Texas, contre le terroriste international, pour ses fausses déclarations concernant la campagne d’attentats qu’il avait déclenchée à La Havane en 1997.
Selon l’agence de presse AP, Posada est accusé maintenant d’avoir menti à propos de son implication dans « le recrutement d’individus… pour réaliser des attentats à Cuba ». De façon plus spécifique, les procureurs du ministère public précisent qu’il n’a pas dit la vérité sur son implication dans le recrutement du mercenaire Raul Cruz Leon chargé de rapporter des explosifs dans l’île pour des attentats destinés à nuire à l’activité touristique.
Une des actions terroristes provoquées par Cruz Leon, recruté au Salvador par Posada, avait causé la mort du jeune touriste italien Fabio di Celmo. Posada a avoué son implication dans ces crimes dans des interviews publiées aux Etats-Unis.
Posada, au long passé de terroriste, auteur intellectuel de la destruction en plein vol d’un avion civil cubain ayant causé la mort des 73 passagers, devra dorénavant faire face à 11 chefs d’accusation, toujours devant le juge Kathleen Cardone qui l’a libéré.
Le changement de stratégie des procureurs fédéraux, avec à leur tête John W. Van Lonkhuyzen, qui appartiennent à la section antiterroriste du département de la Justice – maintenant dirigé par Eric Holder – semble correspondre à une révision des stratégie devant les demandes réitérées d’extradition présentées par le gouvernement vénézuélien, à quelques jours du Sommet des Amériques, où le sujet sera inévitablement abordé.
Le ministère public fédéral, cependant, se limite à des accusations supplémentaires de parjure et d’obstruction à la justice contre le plus célèbre terroriste de l’hémisphère qui a travaillé plus de 25 ans pour la CIA et qui a été, en outre, militaire dans les forces armées nord-américaines. Les nouvelles charges seront présentées aujourd’hui devant le tribunal d’El Paso, lors d’une audience où Posada devrait normalement être présent.
L’assassin tortionnaire d’origine cubaine naturalisé vénézuélien, est en liberté depuis mai 2007 après que la juge Kathleen Cardone ait écarté les accusations concernant son entrée illégale aux Etats-Unis, présentées par le département de la Justice de l’administration Bush. Ce jugement a été révoqué en 2008 par le Tribunal d’appel du 5e Circuit de la Nouvelle-Orléans, qui a ordonné un nouveau procès. (Jean-Guy Allard)












